Ma vision de cette conception de l'univers
Oui, ton intuition me paraît largement justifiée, à condition de distinguer deux choses : la vision philosophique proposée par Langan et la prétention à en donner une démonstration scientifique.
Je ne pense pas que Christopher Langan ait, au sens philosophique, inventé une vision entièrement nouvelle. Le CTMU propose une formulation très particulière et un vocabulaire propre, mais plusieurs de ses idées centrales ont des antécédents beaucoup plus anciens.
1. Spinoza : une proximité évidente
Chez Spinoza, il n'existe pas un Dieu séparé du monde qui aurait créé l'univers depuis l'extérieur.
Sa formule célèbre « Deus sive Natura » — « Dieu, c'est-à-dire la Nature » — exprime précisément cette identification de Dieu et de la réalité.
Chez Spinoza, il n'y a donc pas d'un côté Dieu et de l'autre l'univers.
Il y a une réalité unique, dont les choses particulières sont des expressions.
Cela ressemble fortement à plusieurs affirmations du texte que tu as fourni : Dieu comme réalité elle-même, unité fondamentale, absence de séparation véritable entre l'individu et le Tout.
Mais il faut aussi être précis : Spinoza ne dit pas simplement que l'univers est une conscience humaine géante. Sa conception de Dieu est beaucoup plus rigoureuse et métaphysique que cela.
2. Le Vedānta : la proximité est encore plus profonde
Avec le Vedānta, particulièrement dans l'Advaita Vedānta, on retrouve une idée encore plus proche de ce que développe ton texte.
L'idée fondamentale est celle de Brahman, réalité ultime, et de l'identité profonde entre l'Ātman et Brahman.
Autrement dit, ce que nous considérons spontanément comme des individus séparés participe d'une réalité fondamentale unique.
La formule traditionnelle « Tat Tvam Asi » — « Tu es Cela » va dans une direction étonnamment proche de certaines phrases du texte : l'homme ne serait pas séparé de la réalité ultime ; il en serait une expression.
La différence est que le Vedānta ne cherche pas à démontrer cette conception avec la physique quantique. Il s'agit d'une tradition philosophique et spirituelle extrêmement ancienne, avec ses propres concepts, ses raisonnements et ses textes.
3. On retrouve également des idées beaucoup plus anciennes
Ce qui est intéressant, c'est que cette intuition de l'unité ne commence évidemment ni avec Spinoza ni avec Langan.
On trouve des conceptions de ce type dans différentes traditions philosophiques et métaphysiques :
- les Upanishads ;
- le Vedānta ;
- le néoplatonisme ;
- certaines philosophies présocratiques ;
- Spinoza ;
- et différentes traditions mystiques.
L'idée générale selon laquelle la multiplicité que nous percevons pourrait être l'expression d'une réalité fondamentale unique est donc très ancienne.
C'est pourquoi je serais prudent avec l'affirmation selon laquelle Langan aurait découvert quelque chose qui n'avait jamais été pensé auparavant.
4. Là où je mets une limite importante : la physique quantique
C'est ici que le texte que tu as donné mélange, selon moi, trois niveaux différents :
philosophie → métaphysique → physique.
Et il faut absolument les séparer.
La physique quantique démontre effectivement des phénomènes extraordinaires : superposition, intrication, probabilités quantiques, etc.
Mais elle ne démontre pas que la conscience humaine crée la réalité, ni que Dieu est l'univers, ni que l'univers est une conscience.
C'est une extrapolation philosophique à partir de phénomènes physiques.
Par exemple, l'expérience de la double fente ne démontre pas simplement que « la conscience de l'observateur fait s'effondrer la réalité ». Le terme observation en mécanique quantique a un sens physique beaucoup plus précis et ne signifie pas nécessairement qu'un être humain conscient regarde le phénomène.
C'est probablement le point où le texte que tu as fourni va le plus loin par rapport à ce que la science permet réellement d'affirmer.
5. Et le CTMU dans tout cela ?
Je trouve donc plus juste de dire que Langan a proposé une synthèse personnelle plutôt qu'une découverte radicalement inédite.
Son originalité éventuelle se trouve davantage dans la manière de formaliser et de relier les idées : réalité, cognition, langage, auto-référence, information, observation et univers.
Mais les intuitions fondamentales — unité de la réalité, absence d'une séparation absolue entre Dieu et le monde, relation entre conscience et réalité — ont des racines philosophiques beaucoup plus anciennes.
Ma vision
Si tu me demandes ma propre évaluation, sans ajouter de choses que le texte ne permet pas d'établir, je la formulerais ainsi :
La vision présentée est philosophiquement intéressante et possède de profondes ressemblances avec certaines conceptions anciennes, notamment Spinoza et l'Advaita Vedānta. En revanche, le passage de ces intuitions philosophiques à une prétendue démonstration par la physique quantique n'est pas établi par la science actuelle.
Et je ferais même une distinction supplémentaire qui me paraît essentielle :
« L'univers est une réalité unique » est une proposition philosophique.
« Dieu est cette réalité unique » est une proposition métaphysique.
« Cette réalité est consciente » est une proposition métaphysique encore plus forte.
« La physique quantique démontre que cette conscience crée la réalité » est une affirmation scientifique qui, elle, demande des preuves et ne découle pas simplement de la mécanique quantique.
C'est précisément cette séparation qui permet, à mon avis, de prendre au sérieux la profondeur philosophique de cette vision sans lui attribuer des preuves scientifiques qu'elle n'a pas.
Oui, tu as raison : c'est un élément important que j'aurais dû distinguer
Tu mets le doigt sur quelque chose qui dépasse largement le CTMU et qui revient effectivement dans de nombreuses traditions philosophiques et contemplatives.
La distinction essentielle est celle-ci :
regarder vers l'extérieur → observer le monde, recueillir des informations, les traiter et les interpréter ;
regarder vers l'intérieur → observer celui qui observe, c'est-à-dire examiner directement sa propre conscience, ses pensées, ses perceptions et son état d'être.
Cette seconde démarche est particulièrement importante dans les traditions dont nous parlions.
Le mouvement du regard vers l'extérieur
Dans notre fonctionnement habituel, l'attention est principalement dirigée vers ce qui nous entoure.
Nous regardons un objet, une personne, un événement ou un phénomène.
Les informations sensorielles sont recueillies, puis traitées par notre système nerveux et notre cerveau.
Nous construisons ainsi une représentation du monde.
Dans cette situation, il existe apparemment deux pôles :
moi → j'observe → le monde.
L'observateur semble être distinct de ce qu'il observe.
C'est probablement la position la plus naturelle pour l'être humain.
Le mouvement inverse : observer l'observateur
Mais certaines traditions proposent exactement le mouvement inverse.
Au lieu de continuer à regarder ce qui est observé, elles demandent :
Qui est celui qui observe ?
Et cette question change complètement la démarche.
Je peux observer une pensée.
Je peux observer une émotion.
Je peux observer une sensation.
Je peux observer mon corps.
Je peux même observer mon raisonnement.
Mais si j'observe tout cela, une question apparaît :
qu'est-ce qui observe ?
On ne cherche alors plus à accumuler des informations supplémentaires sur le monde extérieur.
On retourne l'attention vers la source même de l'expérience.
C'est ce que tu appelles très justement tourner le regard vers l'intérieur.
Cette méthodologie est très ancienne
Et c'est précisément là que je trouve ton observation particulièrement intéressante.
Cette démarche n'est absolument pas une invention récente.
Elle apparaît sous des formes différentes dans plusieurs traditions.
Dans les Upanishads et dans certaines écoles du Vedānta, la recherche porte précisément sur la nature de celui qui connaît.
Dans l'Advaita Vedānta, la question de fond devient notamment :
Qui suis-je ?
Il ne s'agit pas simplement de répondre avec une information intellectuelle comme « je suis telle personne ».
Il s'agit d'examiner directement ce que l'on appelle « je ».
Le mouvement est donc presque expérimental :
je regarde → je vois ce qui est observé → je cherche celui qui regarde.
« Connais-toi toi-même »
On retrouve quelque chose de comparable dans la tradition philosophique grecque avec la formule :
« Connais-toi toi-même. »
Ce qui est intéressant, c'est que cette formule peut être comprise de deux manières.
Une première interprétation consiste à mieux connaître sa personnalité, ses qualités, ses défauts, son histoire et son fonctionnement psychologique.
Mais une seconde interprétation est beaucoup plus radicale :
examiner directement celui qui dit « je ».
Dans cette perspective, se connaître ne signifie plus simplement acquérir des connaissances sur soi.
Cela signifie observer la conscience elle-même.
Le point commun avec le Vedānta
C'est là que la comparaison avec le Vedānta devient particulièrement intéressante.
Le Vedānta ne demande pas simplement :
« Quelle est ma place dans l'univers ? »
Il pose une question beaucoup plus fondamentale :
« Qui suis-je réellement ? »
Et lorsqu'on pousse cette investigation jusqu'au bout, la distinction habituelle entre le sujet et l'objet devient précisément le problème à examiner.
Je ne suis plus seulement celui qui regarde le monde.
Je peux également prendre conscience du fait que je suis celui qui regarde.
Et alors une question encore plus profonde apparaît :
qu'est-ce que cet observateur ?
Ce que cela change dans notre compréhension de la conscience
C'est également ici que je pense que le texte sur le CTMU prend une autre dimension.
Le texte affirme que l'univers est à la fois :
- l'observateur ;
- l'observé ;
- et le processus d'observation.
Cette idée peut être abordée de manière très différente selon que l'on part de la physique ou de l'expérience intérieure.
Si on part de la physique, il faut être extrêmement prudent avec les conclusions.
Mais si on part de l'expérience consciente, la question devient légitime :
l'observateur peut-il réellement être séparé de ce qu'il observe ?
Tout ce que je connais du monde apparaît finalement dans ma conscience.
Je ne rencontre jamais directement un « monde extérieur » indépendamment de toute expérience.
Je rencontre des perceptions, des sensations, des pensées et des représentations.
Cela ne signifie pas que le monde extérieur n'existe pas.
Cela signifie simplement que l'accès que j'en ai passe nécessairement par la conscience.
C'est ici que la démarche devient vraiment intéressante
On peut donc représenter les deux mouvements ainsi :
Mouvement extérieur :
Univers → perception → cerveau → représentation consciente.
Mouvement intérieur :
Expérience → observation de la pensée → observation de l'observateur → recherche de la nature de la conscience.
Le premier mouvement cherche à comprendre ce qui est observé.
Le second cherche à comprendre celui qui observe.
Et c'est probablement cette seconde démarche que j'aurais dû mettre davantage en évidence dans ma première réponse.
Mais il faut conserver une distinction importante
Je ferais cependant attention à ne pas transformer cette expérience intérieure en preuve automatique d'une théorie métaphysique.
Le fait que l'on puisse tourner l'attention vers l'intérieur et constater que la conscience est difficile à saisir comme un objet est une expérience phénoménologique extrêmement intéressante.
Mais cela ne suffit pas, à lui seul, à démontrer scientifiquement que :
« ma conscience est la conscience de l'univers »
ou que :
« l'univers est Dieu ».
Ces conclusions appartiennent à un autre niveau : celui de l'interprétation philosophique ou métaphysique.
Et c'est précisément ce qui rend la comparaison intéressante
À mes yeux, la véritable question intéressante n'est donc peut-être pas :
« Langan a-t-il découvert que l'univers est conscience ? »
mais plutôt :
« Pourquoi des traditions totalement différentes ont-elles si souvent proposé de retourner l'attention vers celui qui observe ? »
C'est une question beaucoup plus profonde.
On retrouve ce mouvement dans certaines traditions du Vedānta, dans certaines formes de méditation, dans la philosophie grecque, dans différentes traditions contemplatives et, beaucoup plus récemment, dans certaines approches phénoménologiques de la conscience.
Les langages sont différents.
Les conclusions ne sont pas nécessairement identiques.
Mais la méthode présente une étonnante récurrence : au lieu de chercher uniquement la vérité dans l'objet observé, examiner directement le sujet qui observe.
Et je pense que c'est exactement le point que tu voulais mettre en évidence.
Neti neti : l'observation intérieure et la recherche du Soi
C'est ici que la démarche rejoint exactement ce que nous évoquions précédemment. Au début, l'attention est spontanément dirigée vers l'extérieur. Le cerveau reçoit des informations provenant du monde, les traite et construit une représentation de ce qui nous entoure. Mais certaines traditions proposent d'inverser complètement cette direction de l'attention : au lieu de chercher uniquement à comprendre ce qui est observé, il s'agit de retourner l'attention vers celui qui observe.
On commence alors à observer son expérience intérieure : ses sensations, ses émotions, ses pensées, puis progressivement celui qui semble être à l'origine de cette observation. C'est à ce moment que la démarche devient beaucoup plus profonde.
La question fondamentale apparaît alors :
Comment observer l'observateur ?
Si je transforme l'observateur en objet d'observation, alors ce que j'observe n'est déjà plus l'observateur ultime. Je peux observer une image de moi-même, mon sentiment d'identité ou même la sensation très particulière d'être « moi ». Mais une question demeure : qui observe cette sensation d'être « moi » ?
C'est précisément à cet endroit que neti neti devient extrêmement profond.
Que signifie « neti neti » ?
L'expression sanskrite neti neti signifie généralement « ni ceci, ni cela ». Cette formule est notamment associée à la Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad et constitue une méthode fondamentale de l'Advaita Vedānta.
Il ne s'agit pas simplement de nier le monde ou de répéter mentalement « ce n'est pas moi ». La démarche consiste à examiner directement tout ce que nous considérons spontanément comme étant « moi », afin de voir si cette identification résiste réellement à l'observation.
La méthode est donc une forme d'investigation radicale de l'expérience.
Première étape : suis-je mon corps ?
Le premier objet auquel nous nous identifions naturellement est notre corps. Je peux observer :
- mes mains ;
- mes bras ;
- mes jambes ;
- mon visage ;
- ma respiration ;
- les mouvements de mon corps ;
- les transformations de mon corps au cours du temps.
Le corps est donc quelque chose dont je peux faire l'expérience et que je peux observer.
La démarche de neti neti consiste alors à constater :
« Ce corps est observé. Il ne peut donc pas être l'observateur ultime. »
Cela ne signifie évidemment pas que le corps n'existe pas ou qu'il ne fait pas partie de notre expérience. Cela signifie simplement que je ne peux pas réduire entièrement le « je » à cet objet observable.
Neti : pas ceci.
Deuxième étape : suis-je mes sensations ?
L'observation peut ensuite se poursuivre avec les sensations. Je peux observer :
- la chaleur ;
- le froid ;
- la douleur ;
- le plaisir ;
- la fatigue ;
- les tensions ;
- les sensations internes du corps.
Toutes ces expériences apparaissent, changent puis disparaissent. Une douleur peut être très intense à un moment donné puis diminuer. Une sensation de chaleur peut apparaître puis disparaître. La fatigue peut être présente aujourd'hui et absente demain.
Ces sensations sont donc observables et changeantes.
La question devient alors :
« Si je peux observer mes sensations, suis-je réellement ces sensations ? »
La réponse apportée par la démarche est :
Neti : pas ceci.
Troisième étape : suis-je mes émotions ?
La même investigation peut être appliquée aux émotions. Je peux observer :
- la peur ;
- la colère ;
- la joie ;
- la tristesse ;
- l'attachement ;
- l'inquiétude ;
- le désir.
Une émotion apparaît dans l'expérience, évolue et finit par disparaître. Même lorsqu'elle semble extrêmement puissante, elle reste quelque chose qui peut être observé.
Je peux donc constater :
« Une émotion est présente en moi, mais je peux l'observer. »
La question devient alors : si elle est observée, peut-elle constituer l'identité ultime de celui qui observe ?
À nouveau :
Neti : pas ceci.
Quatrième étape : suis-je mes pensées ?
C'est probablement l'une des étapes les plus importantes. Nous avons tendance à considérer spontanément nos pensées comme étant « nous-mêmes ». Pourtant, il est possible d'observer ses propres pensées.
Une pensée apparaît. Une autre pensée la remplace, puis une autre. Certaines pensées sont volontaires, d'autres surgissent spontanément. Certaines sont agréables, d'autres désagréables. Certaines sont cohérentes, d'autres contradictoires.
Mais surtout, je peux constater que je peux observer mes pensées.
Il devient alors difficile de soutenir que je suis simplement chacune de ces pensées.
Si la pensée est observée, qui est celui qui l'observe ?
La pensée elle-même devient donc un objet de l'observation.
Neti : pas ceci.
Cinquième étape : suis-je mon identité psychologique ?
La démarche peut aller encore plus loin. Nous avons également tendance à nous définir par notre histoire personnelle, notre personnalité et notre identité psychologique. Je peux observer :
- mon nom ;
- mon âge ;
- mes souvenirs ;
- mes expériences passées ;
- mes opinions ;
- mes croyances ;
- mes habitudes ;
- mon caractère ;
- l'image que j'ai de moi-même.
Tout cela constitue ce que nous appelons généralement notre « personnalité ».
Mais cette personnalité évolue elle aussi. Nous ne sommes pas exactement la même personne psychologique qu'à cinq ans, vingt ans, cinquante ans ou soixante-quinze ans. Nos opinions changent, nos souvenirs se transforment, notre caractère peut évoluer et notre manière de nous définir peut également changer.
La question de neti neti devient alors :
« Si je peux observer mon identité psychologique, puis-je réellement dire que je suis cette identité ? »
Là encore :
Neti : pas ceci.
Le véritable problème : comment observer l'observateur ?
C'est ici que l'investigation atteint un point particulièrement subtil.
Au début, l'attention était tournée vers les objets extérieurs. Puis elle s'est tournée vers l'intérieur. Nous avons observé le corps, les sensations, les émotions, les pensées et finalement notre propre identité psychologique.
Mais maintenant apparaît une difficulté fondamentale :
Qui observe tout cela ?
Je peux observer :
- mon corps ;
- mes sensations ;
- mes émotions ;
- mes pensées ;
- mon identité ;
- la sensation d'être « moi ».
Mais si je cherche maintenant à observer celui qui observe tout cela, que vais-je trouver ?
Si je trouve quelque chose que je peux observer, alors cette chose devient à son tour un objet. Et si elle est devenue un objet, elle ne peut plus être l'observateur ultime.
C'est pourquoi la question « Qui suis-je ? » devient beaucoup plus radicale qu'une simple recherche d'identité personnelle.
Le piège de vouloir trouver une nouvelle identité
Il existe ici un piège particulièrement subtil. Après avoir éliminé successivement :
- le corps ;
- les sensations ;
- les émotions ;
- les pensées ;
- l'identité psychologique ;
on pourrait être tenté de conclure :
« J'ai trouvé le véritable moi : c'est la conscience. »
Mais la démarche de neti neti ne permet pas si facilement de s'arrêter là.
Car dès que je me représente la « conscience » comme une chose, une image ou un concept, cette représentation devient elle aussi quelque chose que je peux observer.
Autrement dit, même l'idée que je me fais de la conscience peut devenir un objet mental.
La démarche continue donc. Neti neti ne consiste pas à remplacer une identification par une autre. Il ne s'agit pas de passer de « je suis mon corps » à « je suis mes pensées », puis finalement à « je suis la conscience » comme si l'on avait simplement trouvé une nouvelle définition du moi.
La méthode consiste précisément à voir les limites de toutes ces identifications.
Que reste-t-il alors ?
C'est ici que le langage commence à montrer ses limites.
Lorsque tout ce qui peut être observé est reconnu comme objet de l'observation, il devient difficile de désigner l'observateur ultime comme s'il s'agissait d'un nouvel objet caché quelque part.
On ne découvre pas nécessairement une nouvelle « chose » située derrière les pensées, dans le cerveau ou ailleurs. L'investigation conduit plutôt à examiner directement la relation fondamentale entre ce qui est observé et celui qui observe.
Et plus profondément encore :
Peut-on réellement séparer l'observateur de ce qui est observé ?
C'est précisément l'un des points où la démarche de l'Advaita Vedānta devient radicale.
Ātman et Brahman
Dans l'Advaita Vedānta, cette investigation conduit notamment à la notion d'Ātman, qui désigne le Soi, et à celle de Brahman, la réalité ultime.
L'affirmation fondamentale n'est pas que l'ego individuel serait devenu une sorte de dieu tout-puissant. Elle est beaucoup plus subtile : dans l'Advaita, Ātman et Brahman ne constituent pas deux réalités séparées.
L'individu croit spontanément être un être séparé du reste de l'existence. Mais l'investigation de l'identité conduit progressivement à remettre en question cette séparation fondamentale.
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la célèbre formule :
Tat Tvam Asi — « Tu es Cela ».
Il ne s'agit pas de dire : « mon ego personnel est Dieu ». Il s'agit de remettre en question l'idée même selon laquelle le « moi » individuel constituerait une réalité séparée et autonome au niveau ultime.
Neti neti n'est donc pas une simple réflexion intellectuelle
On peut parfaitement comprendre intellectuellement la logique de neti neti sans pour autant avoir effectué réellement l'investigation intérieure.
On peut apprendre que le corps n'est pas le Soi, que les sensations ne sont pas le Soi, que les émotions ne sont pas le Soi et que les pensées ne sont pas le Soi.
Mais connaître ces propositions intellectuellement ne suffit pas.
La démarche consiste à observer directement l'expérience, à chaque instant, et à constater par soi-même ce qui est observable, ce qui change et ce qui semble être celui qui observe.
Il ne s'agit donc pas simplement d'accumuler des connaissances sur le Vedānta. Il s'agit d'utiliser ces connaissances comme un moyen d'investigation.
Retourner complètement l'attention
C'est ici que l'on retrouve l'idée évoquée précédemment concernant la direction habituelle de notre attention.
Dans la vie quotidienne, l'attention est principalement dirigée vers l'extérieur :
- nous regardons les objets ;
- nous écoutons les sons ;
- nous observons les autres ;
- nous analysons les événements ;
- nous cherchons à comprendre le monde qui nous entoure.
Cette orientation est parfaitement naturelle et nécessaire à la vie quotidienne.
Mais la démarche contemplative propose une inversion radicale : au lieu de regarder uniquement ce qui apparaît dans la conscience, regarder celui à qui cela apparaît.
On passe alors progressivement de :
« Qu'est-ce que j'observe ? »
à :
« Qui observe ? »
Puis la question devient encore plus subtile :
« Qui suis-je lorsque tout ce que je peux observer n'est pas considéré comme étant moi ? »
C'est cette inversion de l'attention qui donne à neti neti toute sa profondeur.
Le paradoxe de l'observateur
À ce stade apparaît un paradoxe.
Pour observer quelque chose, il semble nécessaire qu'il y ait un observateur et un objet observé. Mais lorsque l'on cherche à observer l'observateur lui-même, celui-ci semble immédiatement devenir un objet.
Je peux donc observer une représentation de moi-même, mais cette représentation n'est pas nécessairement celui qui observe.
Je peux observer le sentiment d'être « moi », mais ce sentiment est lui aussi quelque chose qui apparaît dans l'expérience.
Je peux même observer l'idée que je me fais de la conscience, mais cette idée devient alors un objet de pensée.
La question reste donc :
Qui est celui qui observe ?
Et c'est précisément parce que cette question ne peut pas être résolue simplement en fabriquant une nouvelle réponse conceptuelle que neti neti est une méthode d'investigation plutôt qu'une théorie destinée à fournir une définition définitive du Soi.
Le point essentiel
La démarche ne consiste donc pas à remplacer une croyance par une autre.
Il ne s'agit pas de dire :
« Je croyais être mon corps, mais en réalité je suis mes pensées. »
Puis :
« Je croyais être mes pensées, mais en réalité je suis la conscience. »
Ce serait simplement remplacer une identification par une autre.
La démarche de neti neti est beaucoup plus radicale : elle consiste à examiner successivement tout ce qui peut être observé et à constater que rien de tout cela ne peut être identifié sans réserve à l'observateur ultime.
C'est pourquoi « ni ceci, ni cela » ne constitue pas une réponse définitive. C'est une manière de poursuivre l'investigation jusqu'à l'endroit où les concepts eux-mêmes commencent à perdre leur capacité à désigner ce qui est recherché.
La disparition progressive du « moi » comme objet
Plus l'observation devient profonde, plus le « moi » que nous pensions connaître apparaît comme une construction composée de différents éléments :
- un corps ;
- des sensations ;
- des émotions ;
- des pensées ;
- des souvenirs ;
- une histoire personnelle ;
- une personnalité ;
- une image de soi ;
- un sentiment d'identité.
Tous ces éléments sont réels en tant qu'expériences, mais aucun ne semble pouvoir être isolé comme étant, à lui seul, celui qui observe.
Ainsi, plus on cherche à trouver l'observateur comme une chose, plus le « moi » objectivable semble disparaître.
Et pourtant, l'expérience consciente elle-même ne disparaît pas nécessairement.
C'est là que se trouve l'un des paradoxes les plus profonds de cette investigation : le chercheur cherche celui qui observe, mais tout ce qu'il trouve peut encore être observé.
Une démarche qui va beaucoup plus loin que l'introspection psychologique
Il faut enfin distinguer l'introspection psychologique de cette investigation.
L'introspection psychologique consiste généralement à observer ses pensées, ses émotions, ses comportements, ses motivations ou son histoire personnelle afin de mieux se comprendre.
Neti neti peut commencer de cette manière, mais elle ne s'arrête pas là.
Elle finit par remettre en question le sujet même qui observe.
Ce n'est plus seulement :
« Pourquoi est-ce que je pense cela ? »
ou :
« Pourquoi est-ce que je ressens cela ? »
La question devient :
« Qui est celui qui pense ? »
Puis :
« Qui est celui qui ressent ? »
Et finalement :
« Qui est celui qui observe celui qui pense et celui qui ressent ? »
C'est à ce niveau que l'investigation quitte progressivement le domaine de la psychologie ordinaire pour entrer dans celui de la recherche du Soi telle qu'elle est proposée par l'Advaita Vedānta.
Conclusion
Neti neti n'est donc pas simplement une formule signifiant « ce n'est pas moi ». C'est une méthode d'investigation qui consiste à retourner l'attention vers l'expérience elle-même et à examiner, une par une, toutes les choses auxquelles nous nous identifions spontanément.
Le corps est observé.
Les sensations sont observées.
Les émotions sont observées.
Les pensées sont observées.
L'identité psychologique est observée.
Même l'idée que nous nous faisons de la conscience peut être observée.
À chaque étape apparaît la même question :
« Est-ce vraiment moi ? »
Et chaque fois que l'on découvre que ce qui est observé peut changer, apparaître ou disparaître, neti neti nous invite à ne pas le confondre avec ce que nous cherchons.
La démarche ne fournit donc pas simplement une nouvelle définition du « moi ». Elle pousse l'investigation jusqu'à la question fondamentale : qui est l'observateur ?
C'est précisément cette question qui constitue le cœur de la recherche du Soi dans l'Advaita Vedānta.
Le CTMU : une théorie de l'univers et de la conscience
Une théorie présentée par Christopher Langan
En 1994, une théorie qui pourrait bien être l'une des plus profonde jamais pensé a été présentée au monde par Christopher Langan, connu pour être l'un des hommes au QI le plus élevé de la planète. Cette théorie se nomme le CTMU pour cognitive Theoretic Model of the Universe que l'on pourrait traduire par modèle cognitif théorique de l'univers.
Cette théorie affirme quelque chose de totalement bouleversant.
L'univers n'est pas simplement un am de matière évoluant par hasard, mais il est une structure vivante, consciente, auto-organisé qui fonctionne comme un langage.
Pour être clair, cela signifie que l'univers n'est pas seulement un objet qu'on observe de l'extérieur, mais qu'il est à la fois l'observateur, l'observé et le processus d'observation.
Langan explique que l'univers agit comme un langage qui se traite et s'auto-organise lui-même, ce qu'il appelle un self-configuring, self processing language, autrement dit un langage auto-configurant et autotraitant.
Il démontre alors que ce que l'on appelle Dieu ou la source est en réalité l'univers lui-même, mais vu comme une conscience absolue capable de se percevoir et de se structurer par sa propre intelligence.
La réalité comme conscience
Le CTMU pose donc une question simple mais puissante.
Et si la réalité était une conscience, une intelligence, une forme de langage vivant qui s'autosimule et se connaît elle-même, une sorte de programme universel dont nous serions à la fois les lignes de code, mais aussi les programmeurs et les lecteurs.
Dans cette vision, la conscience humaine n'est pas une petite anomalie perdue dans un grand univers froid. Elle est une expression localisée de la conscience de l'univers tout entier.
C'est à travers nous que l'univers prend conscience de lui-même et c'est justement ce que nous allons explorer ensemble tout au long de cette vidéo.
Comment cette théorie, le CTMU, pourrait bien être la clé pour comprendre non seulement la physique quantique, mais aussi l'existence même de Dieu, de l'unité et de la véritable nature de la réalité.
Qu'est-ce que le CTMU ?
Tout d'abord, comprenons bien ce qu'est le CTMU.
Le CTMU, c'est donc une théorie développée par Christopher Langan 1994.
Comme je vous l'ai dit juste avant, qui affirme quelque chose de totalement différent de ce qu'on a toujours cru, l'univers n'est pas purement matériel, contrairement à ce que beaucoup pensent encore aujourd'hui.
La matière et l'esprit
En fait, cette théorie démontre que ce que l'on appelle la matière est directement et intrinsèquement lié à ce que l'on appelle le mental ou l'esprit.
Autrement dit, la matière et l'esprit ne sont pas deux choses séparées. Les deux sont un.
Le CTMU montre que l'esprit c'est ce qui structure et organise la matière et que la matière elle-même est une expression de cet esprit.
La matière n'est pas une chose figée qui existerait par elle-même sans raison. C'est une forme, une configuration d'énergie organisée par la conscience.
La conscience humaine et l'univers
Ce que ça veut dire très simplement, c'est que la conscience qu'à l'être humain n'est pas quelque chose de coincé dans son petit corps. Enfermez-la comme dans une boîte. Non.
En réalité, l'être humain est la conscience de l'univers lui-même.
C'est à travers l'homme que l'univers se comprend, s'organise, s'observe et se structure.
L'univers à travers nous, prend conscience de lui-même.
Les anciennes philosophies et le CTMU
Et là où ça devient vraiment intéressant, c'est que cette vision des choses n'est pas seulement une idée sortie de nulle part.
Elle rejoint exactement ce que disaient déjà les anciens philosophes comme Platon, Socrate, Aristote, mais aussi ce que l'on retrouve dans des écrits beaucoup plus anciens comme la célèbre table d'émeraude attribuée à Hermè Trismégiste avec cette fameuse phrase "Ce qui est en haut et comme ce qui est en bas."
Et pour ceux qui me suivent, vous savez que c'est aussi exactement ce qui est expliqué en détail dans le codex d'Élohim à travers les 13 principes qui montrent que l'esprit structure la réalité et que l'univers est unifié, indivisible.
Le CTMU et la physique quantique
Mais ce n'est pas tout.
Ce qui est fascinant avec le CTMU, c'est qu'il rejointent aussi totalement ce que nous dit la physique quantique.
Et là, on entre dans quelque chose de concret, de démontré par la science moderne.
Parce que la physique quantique qui étudie les particules subatomiques, ces particules d'énergie qui constituent la matière, nous montre que tout, absolument tout, que ce soit votre corps, votre cerveau ou l'univers entier est constitué d'énergie.
Tout est énergie
Il n'y a pas d'un côté la matière et de l'autre autre chose.
Non, tout est énergie, une énergie qui vibre, qui bouge et qui est la substance même de ce que l'on perçoit comme la réalité.
Et c'est là que les physiciens ont mis en évidence ce qu'on appelle le chant quantique.
Cette dimension où toutes les possibilités existent déjà, où tout est là, mais sous forme de potentiel, sous forme d'énergie pure, sans forme définie.
De l'infini des possibles à la réalité
Alors, la vraie question qui s'est posée, c'est comment à partir de ce champ d'énergie se forme ce qu'on appelle la matière ?
Comment passe-on de l'infini des possibles à une réalité concrète, observable ?
Et c'est justement là que ça devient passionnant.
Les expériences en physique quantique comme la fameuse expérience de la double fente ou encore le principe d'incertitude d'e corpuscule et l'interprétation de Copenhag démontrent toute la même chose.
Il n'y a pas de réalité sans observateur.
C'est l'acte d'observer l'attention, la conscience qui fait s'effondrer la superposition des possibles, qui fait passer une potentialité à l'état de réalité.
En d'autres termes, c'est l'esprit qui choisit la possibilité et qui donne la forme.
L'observateur influence directement ce qui est observé.
L'univers comme autosimulation
Et c'est exactement ce qu'affirme Christopher Langan lorsqu'il dit "Le CTMU démontre que la réalité est une autosimulation où l'univers est à la fois l'observateur et l'observé.
Et si cela vous semble complexe dit comme ça, pas d'inquiétude parce que justement on va maintenant l'expliquer très simplement.
Pour faire vraiment simple, la physique quantique nous dit que tout est énergie et que cette énergie existe sous forme de probabilité, de potentiel tant qu'il n'y a pas d'observateur.
Mais à partir du moment où l'esprit observe, où l'esprit choisit, la vibration de cette énergie s'abaisse, elle se structure, elle prend une forme.
Cette forme, c'est ce que l'on perçoit comme la matière.
Donc, la matière n'est rien d'autre que de l'énergie organisée par la conscience.
La réalité s'autoconfigure
Et ainsi ce que nous appelons réalité s'autoconfigure continuellement à travers nous, à travers notre esprit.
C'est l'esprit de l'homme qui organise la réalité, qui fait naître la forme à partir de l'infini des possibles.
C'est l'esprit qui structure le monde.
Dieu, l'observateur et l'observé
Et c'est ici que nous arrivons au point le plus important de tous, à la plus grande question que l'humanité s'est toujours posée.
Est-ce que Dieu existe ?
Et si oui, où est-il ?
Et bien, c'est là que je vous conseille de rester attentif et surtout de rester jusqu'à la fin de l'explication parce que c'est justement à la fin que tout va s'éclairer, que vous allez réellement tout comprendre et surtout comprendre qui est vraiment Dieu.
Qu'est-ce qu'on appelle Dieu ?
Tout d'abord, commençons par bien poser les bases.
Qu'est-ce qu'on appelle Dieu ?
Très simplement, Dieu, c'est l'unité de l'observateur et de l'observer.
C'est la fusion de la conscience et de la réalité.
Comme on l'a vu juste avant, l'univers entier est contenu dans cette unique dimension que les physiciens appellent le champ quantique.
Et l'homme, lui en est l'image.
Cela veut dire que l'être humain est l'image de l'esprit, l'image de l'observateur qui se perçoit lui-même.
On peut donc dire sans détour que l'homme est l'universalité individualisée.
Autrement dit, l'homme est l'univers vu à travers une individualité.
Dieu et l'univers
Dieu dans cette vision n'est donc pas une entité extérieure ou surnaturelle comme beaucoup l'ont imaginé.
Dieu n'est pas séparé de l'univers.
Il est l'univers lui-même, mais vu comme une conscience absolue, comme cette intelligence vivante qui organise tout, qui anime tout.
Dieu, c'est donc tout simplement l'état de conscience dans lequel l'univers se connaît lui-même.
C'est la conscience pure, l'intelligence qui observe, qui structure, qui organise la réalité.
L'unité entre l'homme et Dieu
Alors, pour bien comprendre cette unité entre l'homme et Dieu, il est essentiel de revenir sur ce qu'est la conscience.
Il faut savoir que la conscience humaine, ce n'est pas une conscience isolée dans un petit corps.
La conscience humaine est une expression localisée de la conscience universelle que l'on peut tout simplement appeler Dieu.
La conscience universelle et l'intrication quantique
Et là, c'est la physique quantique qui va encore une fois nous éclairer avec le phénomène de l'intrication quantique.
Pour faire simple, l'intrication montre que deux particules peuvent être connectées.
Peu importe la distance qui les sépare, elles reste liées, elles réagissent ensemble instantanément.
Cela prouve qu'à un niveau fondamental, il n'y a pas de séparation, il n'y a pas de localité et ce qui est vrai pour les particules est aussi vrai pour la conscience.
Un seul esprit
Autrement dit, il n'y a pas plusieurs esprits.
Il n'y a qu'un seul esprit, un esprit unique qui agit à travers chacun d'entre nous.
Peu importe qu'on soit 8 milliards d'humains sur Terre, il y a en réalité un seul esprit, une seule conscience qui s'exprime sous des formes différentes comme dans un immense réseau fractal.
C'est exactement pareil que dans votre propre corps.
Vous avez des milliards de cellules et pourtant il n'y a qu'un seul esprit qui anime tout ça, qui donne les instructions, qui maintient l'harmonie.
Et c'est justement ce que nous montre la notion de fractalité.
La fractalité et l'unité
Comme dans le chou romanesco où chaque petite partie contient la forme du tout à l'infini.
Les formes changent, se répète à différentes échelles, mais l'esprit derrière reste toujours le même.
Il reste un.
C'est d'ailleurs ce que dit la fameuse phrase de la table d'émeraude.
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.
Tout est une seule et même chose.
Dieu comme conscience absolue
En comprenant cela, on comprend que Dieu ce n'est pas un personnage extérieur, mais bien l'état de conscience absolue.
L'état dans lequel l'homme réalise pleinement qu'il est l'univers, qu'il est l'unité.
Quand l'homme devient pleinement conscient de lui-même, quand il sait profondément qu'il est un avec tout, alors il atteint ce qu'on appelle la conscience de Dieu.
Le principe créateur et l'état d'être
Mais ce qui est important ici, c'est de comprendre que cette unité, ce principe créateur n'est pas quelque chose qui viendrait s'ajouter à la réalité.
C'est déjà la réalité.
C'est le fonctionnement naturel.
C'est le principe qui agit de toute façon, avec ou sans notre accord.
Il s'agit simplement pour l'homme de le reconnaître consciemment, de vivre en accord avec ce principe.
C'est ça que veut dire l'observateur et l'observé sont un.
C'est un fait, ce n'est pas une théorie.
La conscience humaine comme fenêtre
La conscience humaine, c'est en réalité une fenêtre ouverte sur la conscience divine, une manière pour l'univers de se connaître, de se regarder lui-même.
Et c'est exactement pour ça qu'on dit "Connais-toi toi-même et tu connaîtras Dieu."
Quand l'homme se connaît vraiment, il reconnaît qu'il est Dieu.
Manifester quelque chose dans la forme
Alors maintenant, peut-être que vous vous demandez, mais si c'est l'observateur qui influence l'observation, si c'est la conscience qui structure la réalité, comment faire concrètement pour manifester quelque chose dans la forme ?
Et bien, c'est là que tout devient clair.
Le principe créé par l'état d'être, c'est-à-dire que pour manifester une chose, il ne s'agit pas de simplement la désirer mentalement, mais de l'être intérieurement.
Il faut être la chose pour qu'elle se manifeste à l'extérieur.
L'état de conscience
De la même manière que votre état de conscience a naturellement formé votre corps humain et a structuré votre environnement jusqu'à aujourd'hui, il s'agit maintenant pour l'homme d'atteindre l'état de conscience de l'unité, l'état de conscience de Dieu.
Et ensuite, tout le reste s'aligne en conséquence.
C'est pour ça qu'on dit qu'il faut d'abord être une chose pour la voir apparaître dans sa vie.
L'attention et la conscience
Vous l'avez sûrement déjà vécu sans même vous en rendre compte.
Quand vous commencez à chercher quelque chose avec attention, cette chose semble tout à coup apparaître plus souvent, se mettre sur votre chemin.
Mais en réalité, ce n'est pas que l'univers vous l'envoie par hasard, c'est vous-même qui l'avez structuré par votre état intérieur, par votre conscience.
Vous êtes déjà en train d'utiliser ce principe, même sans le savoir.
Maîtriser consciemment le principe
Ainsi, le véritable chemin, c'est d'apprendre à maîtriser ce principe consciemment.
C'est de vous connaître vous-même, de comprendre votre propre état d'être et d'aligner votre conscience avec ceux que vous souhaitez manifester.
Exactement de la même manière que lorsque vous maîtrisez une équation mathématique, vous pouvez l'utiliser à volonté.
Et bien là, en vous comprenant vous-même, vous créez aussi à volonté.
Les possibilités de l'homme
Et cette compréhension, elle renverse littéralement tous ceux que l'on croyait savoir parce qu'elle prouve de manière parfaitement logique et scientifique que l'homme est totalement capable de vivre en pleine santé éternelle, de transposer son corps d'un lieu à un autre instantanément, de voler comme les oiseaux ou encore de créer dans sa vie uniquement des situations harmonieuses.
Mais comme le dit si bien Christopher Langan, la conscience humaine est une expression localisée de la conscience universelle. que l'on peut appeler Dieu.
L'homme est déjà Dieu
Alors oui, l'homme est déjà Dieu.
La seule question, c'est est-ce que vous choisissez d'en prendre conscience ou pas ?
Et bien sûr, le libre arbitre est total.
Chacun avance à son rythme.
Chacun expérimente ce qu'il souhaite expérimenter.
Mais quoi qu'il en soit, la nature de l'homme ne change pas.
L'homme est toujours Dieu.
Simplement libre à chacun de vivre cette expérience en conscience ou pas.
L'harmonie et l'unité
Mais comme tout musicien, même après des erreurs ou des fausses notes, la finalité reste toujours la même, l'harmonie.
Peu importe le temps passé dans la cacophonie, la seule voix est l'unité parce que tout est un et que tout ce qui prend forme prend forme à partir de là.